Maëlle Bessaha

Maëlle Bessaha vit à 100 à l’heure et excelle dans un sport bien particulier d’auto-défense, le Krav maga. En octobre dernier, au Grand dojo de Paris, la jeune adolescente de Saint-Pathus a été sacrée championne du monde de cette discipline dans la catégorie « cadets », à seulement 14 ans.

26 août 2010 : naissance à Lagny-sur-Marne
2013 : s’inscrit dans un club de boxe à Saint-Pathus
2016 : essaie le karaté à Saint-Pathus
2017 : commence le krav maga à Villepinte
2020 : suit son entraîneur au club de Crépy-en-Valois
2024 : devient championne du monde catégorie cadet-56kg

Le chemin parcouru

Tout commence lorsque Maëlle Bessaha découvre à l’âge de 3 ans la boxe pieds poings, aux côtés de sa « tatie », au sein du club de Saint-Pathus. Elle y apprend les premiers gestes d’attaque et de défense. À 6 ans, Maëlle se dirige vers le karaté et ses katas mais la petite fille, qui avait déjà une préférence pour les « combats avec contact », décide de ne pas poursuivre dans ce sport. Un an plus tard, elle intègre, avec son père cette fois, un nouveau sport de combat, le krav maga, dans un club de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, sous la houlette de Christophe Marmet. Cet entraîneur, mais aussi instructeur fédéral, par ailleurs 5è dan de krav maga, lui enseigne la discipline, les méthodes d’auto-défense, les combats dits libres, aux couteaux ou aux bâtons….

Toutes les techniques permettant de neutraliser un adversaire de la manière la plus rapide possible. Lorsqu’il part enseigner au Bushido Karaté de Crépy-en-Valois, Maëlle le suit. La jeune fille apprend, s’entraîne et continue ses efforts. Très investie dans le parcours sportif de sa fille, la maman poursuit « Avec son grand-père, nous sommes là pour elle. On l’emmène aux entraînements deux à trois fois par semaine. Comme c’est loin, je reste sur place. Sa petite sœur de 10 ans, Meïleen, est, elle aussi, inscrite au Club de Crépy-en-Valois et semble aussi passionnée que Maëlle. Cela demande beaucoup de temps mais lorsqu’on voit qu’elles s’épanouissent, avec mon mari, on est convaincus que l’on fait le bon choix ». 

Première compétition, première médaille

Dès qu’elle atteint ses 14 ans, l’été dernier, les compétitions s’ouvrent à elle et son coach propose de l’inscrire aux Championnats du monde en octobre 2024. « Je ne me sentais pas prête mais j’ai réfléchi et j’ai accepté », explique Maëlle. « Les semaines avant la compétition, j’ai beaucoup travaillé et bizarrement, le jour J, avant le combat, dans la cage, je n’avais pas peur. J’y suis allée et j’ai gagné ! » continue la jeune adolescente qui a combattu 1 minute et 30 secondes en combat libre catégorie cadet -56kg. La jeune fille est entourée des meilleurs car le Bushido Karaté du Valois, où elle s’entraîne, compte, depuis les 26 et 27 octobre derniers, pas moins de trois champions du monde de krav maga.

Combattante sur un ring mais réservée dans la vie

Les traits de caractère de Maëlle en font sa force. Combattante et téméraire, l’adolescente est pourtant assez réservée. Elle n’a d’ailleurs pas vraiment parlé de ce titre mondial à ses
camarades de classe, ni de sa seconde place aux championnats de France, à Strasbourg, en avril dernier. En troisième au collège de Oissery, elle travaille pour obtenir le brevet comme tous les autres élèves. Elle garde le cap sur cet objectif scolaire avant de passer au prochain, plus sportif, les championnats d’Europe de krav maga en fin d’année.

Parallèlement, Maëlle a passé une formation diplômante en krav maga. « Après l’obtention de ma ceinture noire en décembre 2024, j’ai suivi une formation pour pouvoir épauler mon coach dans les entraînements des plus petits. C’est difficile de les cadrer car quelquefois ils veulent s’amuser ! ». Professionnellement, elle souhaiterait intégrer les forces de l’ordre. Mais d’ici là, elle ira l’année prochaine au lycée de Dammartin-en-Goële pour poursuivre ses études.

Un emploi du temps sportif

En plus de ses entraînements de krav maga les lundis et jeudis jusqu’à 21h15, Maëlle pratique l’athlétisme les mardis, la moto sur circuit les mercredis et les samedis, de temps en temps, elle exerce un art de combat philippin, le Kali, une discipline pratiquée avec une paire de bâtons. Entre le sport de combat et les sports automobiles, Maëlle n’aurait-elle pas une âme de cascadeuse ? Chose est sûre, quand la jeune fille commence quelque chose, elle se donne les moyens de parvenir au sommet. Alors, ne soyons pas surpris de la retrouver, encore une fois, sur les plus hautes marches du podium !